Kyoto

Ancienne capitale impériale pendant plus de mille ans, Kyoto est aujourd’hui la capitale historique et culturelle du Japon. Fondée au VIIIe siècle pour éloigner le pouvoir de l’influence du clergé bouddhiste de Nara, la ville a longtemps été le centre de la religion, de la politique et des arts du pays. Elle a eu la chance d’être épargnée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, ce qui lui a permis de conserver un patrimoine exceptionnel — temples, sanctuaires, jardins zen et quartiers anciens qui donnent parfois l’impression de voyager dans le temps.

Ce mélange entre l’agitation urbaine et la sérénité des jardins zen est particulièrement fort à Kyoto, ville profondément attachée à ses traditions. La plupart des monuments visibles aujourd’hui datent de la période d’Edo (1600–1867), le reste ayant été détruit par les conflits des siècles précédents.

Se déplacer

Kyoto dispose d’un réseau de bus étendu et de deux lignes de métro (une axe Nord-Sud, une axe Est-Ouest). Un trajet en bus coûte environ 230 yens quelle que soit la distance. Le métro est tarifé à la distance, à partir de 160 yens.

Pour les bus, payez avec votre carte Suica — c’est la solution la plus pratique. Vous pouvez aussi régler en espèces en montant dans le bus.

Une des façons les plus agréables d’explorer Kyoto est de louer un vélo : cela vous permettra de couvrir plus de terrain qu’en bus et de rejoindre les temples à votre rythme. Comptez environ 1 000 yens par jour. Les vélos circulent sur les trottoirs en dehors des zones très fréquentées. Attention : les vélos doivent être garés dans des parkings dédiés — ne les attachez jamais au hasard dans la rue, la police les enlève systématiquement. Les parkings sont souvent gratuits près des temples et des entrées de métro.

Spécialités locales

Le kaiseki

Le kaiseki est la haute cuisine traditionnelle japonaise, née à Kyoto. C’est un repas en plusieurs services — soupe, sashimi, grillades, fritures, riz — dans lequel chaque plat est préparé avec une attention extrême aux saisons et aux techniques. Si vous souhaitez vivre une grande expérience gastronomique japonaise, Kyoto est la ville idéale.

La cuisine du temple (shojin ryori)

La cuisine bouddhiste végétarienne — servie dans ou près de nombreux temples — est une spécialité kyotoïte à part entière. Tofu, légumes de saison, bouillons subtils : c’est une cuisine simple, élégante et profondément ancrée dans la culture locale. L’adresse la plus connue pour le tofu chaud (yudofu) est le quartier de Nanzen-ji.

Le matcha et les wagashi

Kyoto est le berceau de la cérémonie du thé et la capitale japonaise du matcha. Vous en trouverez partout : en pâtisseries traditionnelles (wagashi), en glace, en latte. Les wagashi — petites confiseries à base de pâte de haricots, de mochi ou de fruits confits — sont la collation locale par excellence, souvent servies avec le thé.

Le saké de Fushimi

Le quartier de Fushimi, au sud de Kyoto, est l’un des plus grands centres de production de saké au Japon, grâce à la qualité exceptionnelle de son eau souterraine. Une bonne occasion de dépasser les clichés et de comprendre la richesse de cette boisson.

Restaurants

Karasuma

Gare de Kyoto

Gion

En cas de pluie

Le Marché de Nishiki

Surnommé “la cuisine de Kyoto”, le marché couvert de Nishiki est une ruelle longue de 400 mètres, bordée d’une centaine d’échoppes. On y vend tofu frais, marinades, poissons séchés, confiseries locales et bien d’autres spécialités. Une belle façon de passer une heure à l’abri tout en s’immergeant dans la vie quotidienne de la ville.

Kinkaku-ji (le Pavillon d’Or)

Contre toute intuition, Kinkaku-ji est presque plus beau sous la pluie ou par temps nuageux : le reflet du pavillon doré sur l’étang prend une profondeur particulière lorsque la lumière est douce. La visite est courte (30 à 45 minutes) et entièrement en extérieur, mais l’essentiel se fait à l’abri d’un parapluie.

Les musées

Le Musée national de Kyoto, situé dans le parc de Heian, abrite une collection permanente d’art japonais (céramiques, peintures, sculptures) et propose des expositions temporaires de grande qualité. Le Musée de la ville de Kyoto est une autre option pour une journée pluvieuse.

Les temples couverts

Plusieurs temples offrent de belles expériences même sous la pluie : le Sanjūsangen-dō avec ses 1 001 statues de Kannon alignées à l’intérieur, ou Nijo-jo dont les salles intérieures peuvent se visiter indépendamment des jardins. La pluie a aussi un charme particulier dans les quartiers de Gion et Higashiyama, qui se vident de la foule et retrouvent un calme saisissant.

Nos coups de cœur

Fushimi Inari

Dix mille torii orange-vermillon qui s’enchaînent sur plusieurs kilomètres à flanc de montagne, traversant des sous-bois silencieux où résonnent les cloches des temples. Fushimi Inari est l’un des sites les plus envoûtants du Japon. Arrivez tôt le matin pour éviter la foule des groupes : dès 7h, le début du chemin est encore calme. La montée complète jusqu’au sommet prend environ deux heures aller-retour — même si vous ne montez qu’à mi-chemin, l’atmosphère est déjà saisissante.

Gion et les rues de Higashiyama

Gion est le quartier des geishas — ou plutôt des maikos, les apprenties geishas encore en formation. Il est rare d’en croiser, mais les ruelles pavées de Gion Shimbashi et les venelles de Higashiyama constituent à elles seules une des plus belles promenades de Kyoto. En soirée, l’atmosphère des izakayas éclairées à la lanterne donne à ce quartier une couleur unique.

Arashiyama et la bambouseraie

La bambouseraie d’Arashiyama est une des images les plus reproduites du Japon — et pour cause. Se retrouver au milieu de ces tiges de bambou qui montent jusqu’à vingt mètres de haut crée une expérience presque irréelle. Le quartier d’Arashiyama vaut aussi pour le temple Tenryuji et son jardin, la berge de la rivière Oi, et les petites rues commerçantes qui s’étirent vers la montagne.

Le Chemin du Philosophe

En suivant ce canal bordé de cerisiers sur deux kilomètres, entre Ginkaku-ji et Nanzen-ji, on traverse l’un des quartiers les plus paisibles de Kyoto. Le chemin doit son nom au philosophe Nishida Kitaro qui s’y promenait chaque matin en méditant. Au printemps, les cerisiers en font l’un des plus beaux couloirs de hanami de la ville. En dehors de la saison des fleurs, c’est simplement une belle façon de relier deux temples emblématiques.

Kinkaku-ji, le Pavillon d’Or

Il est difficile de ne pas être frappé par la beauté du Pavillon d’Or — même si la visite est courte et que la foule est souvent au rendez-vous. Le bâtiment, couvert de feuilles d’or, se reflète dans l’étang qui l’entoure. Il s’agit d’un ancien pavillon de retraite du shogun Ashikaga Yoshimitsu, converti en temple zen après sa mort. La version actuelle est une reconstruction de 1955 — l’original ayant été incendié par un moine en 1950 (un fait divers qui a inspiré le roman de Mishima, Le Pavillon d’Or).

Nijo-jo

Le château de Nijo est l’une des rares demeures palaciales de la période féodale encore debout à Kyoto. Ses “planchers rossignols” — conçus pour grincer au moindre pas et alerter contre les intrus — sont célèbres. Les peintures murales des salles intérieures, représentant des tigres, des pins et des aigles sur fond doré, sont d’une beauté et d’une précision remarquables. Le jardin, sobre et élégant, mérite aussi qu’on s’y attarde.